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On le sait, Bernard Lavilliers a la passion du reggae.
Très attendu, après les Carnets de bord(ancre levée, encre fertile) et une série de concerts consacrés au grand frère Ferré, voilà le nouvel album de Lavilliers.
Fidèle à ses convictions, à ses clairvoyances – nouvelles, parce que renouvelées. Comme la voix : graves sûrs, subtiles douceurs. Comme les musiques : en tête de ces partitions inédites, un reggae revisité. Comme les mots, pour chanter les amours et les rêves des hommes – et leurs guerres annoncées : Samedi soir à Beyrouthdanse sur un volcan. Aux portes du désert où le vent hurle en Rafales, " le fauve d'Amazone fait patte de velours ", mais ses griffes s'aiguisent pour dépecer l'ordre contemporain, débusquer le Killer gardien du désordre, dénoncer le travail séquestré –Bosse, et crève. Le voyageur " du monde entier au coeur du monde " (signé Cendrars, auteur-phare de Lavilliers) voit cet ordre implacable qui s'étend ; il voit aussi " des foules indociles " - comme elles rebelle, il ne renonce ni au " pamphlet planétaire " dérisoire peut-être, ni aux évasions (Distingué) ; il voit en Beyrouth une femme " drôle et désespérée ", " céleste " et " foudroyée ". Une autre femme, sur un autre rivage, danse : c'est Maria Bonita, " la Bahiana de la Joliette "... Le Solitaire est cependant " plus seul qu'avant ". Cendrars, encore : " il n'y a que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse ". Mais la tristesse, tangible sur ces plages qui regardent en face le " néant qui nous hante " (Attendu), n'a rien chez Lavilliers d'une immensité désolée ; le reggae lui donne son énergique mélancolie – et son énergique mémoire.
Artistes :
Bernard Lavilliers
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Pour Tout public
Variété française
Dans la même salle :
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